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Activités de l'association Valoriser et Intégrer pour Vieillir Autrement

Vivre en EMS: de la prise en charge à la prise en considération

Publié le 8 Juin 2015 par Association VIVA

Aperçu de la conférence du 28 mai 2015 de Mme T. De Berti, directrice de la Résidence Beauregard, suivi d'un compte-rendu sommaire de l’atelier d’expression créative animé par Mme Anne-Claude Juillerat Van der Linden et M. Guillaume Lebecq, psychologues.

Ces présentations ont été faites dans le cadre des Cafés-croissants organisés conjointement en 2014/2015 par Cité-Générations et VIVA sur le thème "Je vieillis et je me sens bien"

Ce résumé a été rédigé par un participant que nous remercions ici très chaleureusement pour son important travail et la qualité de ce dernier !

 

Objectifs :

Les quelques notes qui vont suivre ont pour objectif de fixer le contenu essentiel de ce qui a été dit ou présenté, et non pas d’en offrir un reflet, mot à mot.

Les intertitres et la présentation de ce document ont été choisis dans le but de rapporter des informations résumées, plutôt que des données détaillées.

 

Introduction.

Présidente de l'association VIVA, Mme Anne-Claude Juillerat Van der Linden, Dre en psychologie, présente Mme Tiziana De Berti, qui possède une triple formation ès Humanités, en comptabilité et en gérontologie. Elle passe ensuite la parole à l'oratrice.

 

Parcours professionnel de la conférencière, directrice de la résidence Beauregard depuis 2004. [1]

Après avoir acquis une licence de philosophie en Italie, la conférencière a décidé de s'orienter vers la comptabilité et la gestion, ce qui l'a d'abord amenée à contrôler, durant une dizaine d’années, les comptabilités de divers établissements de santé.

Le secteur de la santé l’a rapidement fascinée, au point de la conduire à passer un diplôme de spécialisation en gérontologie. Elle-même mère de deux enfants, Mme Tiziana De Berti affectionne également tout ce qui a trait aux relations de famille, en société.

Vers une nouvelle conception de la vieillesse.

L'abréviation EMS (établissement médico-social) révèle immédiatement quelques-unes des préoccupations de ceux qui contribuèrent à leur fondation et qui ont considéré, pour l'essentiel, que la vieillesse est une maladie. Or, cette conception est erronée, de l'avis de la conférencière.

Vieillir est une étape de la vie. Pour Mme De Berti, le grand âge, comme la petite enfance ou l'adolescence, est une étape de la vie.

Certes, le vieillissement peut entraîner une relative perte d'autonomie de la personne, la disparition de certaines facultés, notamment pour se déplacer, bouger, contrôler en permanence des fonctions corporelles essentielles.

Mais le fait de considérer la vieillesse comme une étape de la vie conduit la conférencière à redéfinir en profondeur la mission et l'organisation spatiale de tout le travail autour de la personne âgée.

La personne âgée est dorénavant placée au cœur d’un dispositif qui doit lui permettre de retrouver pleinement sa fonction de membre de la société, à part entière.

L'auditeur perçoit immédiatement qu'il ne s'agit pas là d'un artifice rhétorique ou sémantique, mais d'une conception philosophique (comme on dit en anglais, où l’on parle de philosophie d’entreprise) qui a des conséquences concrètes.

C'est l'ensemble des services de la résidence qui est repensé, en fonction du paradigme centré sur la personne (et non plus le patient) y compris :

  • L'architecture du bâtiment et des espaces de vie. À la différence de nombreux autres établissements du canton, la résidence Beauregard offre des chambres à deux lits ;
  • L'intérieur de la maison, qui a des dimensions modestes, en comparaison d’autres lieux pour personnes âgées, dans le canton, a été redéfini, de manière à faire disparaître tous les obstacles qui avaient été placés, moins pour la sécurité du résident que pour son contrôle par le personnel et les facilités supposées du service ;
  • En installant quelques dégagements (une véranda, par ex.), en abattant des clôtures et des barbelés (!), en redéfinissant la vocation et la position de quelques espaces (salon de coiffure de la résidence dans un bâtiment annexe, cuisines, buanderies), on a supprimé des barrières physiques et mentales ;
  • Le fait de considérer la personne du résident dans sa totalité fait disparaître - ou diminue notablement – bon nombre de comportements jugés dérangeants
  • Médications, traitements, soins, prix. Se sentir mieux, permet d'aller mieux. Du même coup, les médecins peuvent diminuer la charge que les médicaments représentent, moins en termes de coûts, que de fatigue et d'effets indésirables pour le bien-être des résidents. L’étroit corset budgétaire et réglementaire qui entoure le fonctionnement des résidences pour personnes âgées garantit la transparence.
  • Les 211.- frs par jour des prestations hôtelières de la résidence Beauregard sont modestes, en comparaison d'autres établissements du même type. Des questions du public permettent de l’illustrer de manière précise.

Pour conclure. Le fait de rendre toute son importance à la position du résident, qui est dorénavant chez lui – c’est son domicile privé (c’est le résident qui invite chez lui), permet également de valoriser les ressources humaines de la résidence. Celles-ci retrouvent la plénitude de leurs fonctions et de leurs responsabilités.

Du même coup, l’absentéisme a pratiquement disparu à Beauregard (2%, en comptant les congés maternité…). Le turnover (taux de rotation) du personnel est aussi stabilisé et stable. En d’autres termes, les collaborateurs sont fidèles à leur emploi, au sens fort.

Or, comme le grand public le sait, ces deux problèmes sont récurrents dans les établissements pour personnes âgées.

Durant l’exposé, Mme T. De Berti rend d’ailleurs un hommage appuyé - et dont son auditoire ressent immédiatement le caractère profondément informé et sincère -, à ses collaborateurs et à ses collaboratrices.

Ce sont les cuisiniers et les lingères, les équipes d’animation (de mieux en mieux dotées), les chauffeurs et les collaborateurs administratifs, etc. qui permettent à Beauregard de fonctionner dans un autre esprit que celui qu’on s’attend habituellement à trouver au sein d’un EMS (voir plus haut).

Pour bien comprendre l’importance des collaborations dans l’institution, Mme T. De Berti a elle-même rempli plusieurs missions, pour un temps, ou de manière permanente, notamment au sein du Secrétariat.

(- vifs applaudissements -).

 

[1] Situation de la résidence Beauregard: Chemin de Cressy 67 1232 Confignon, https://www.google.ch/maps/place/R%C3%A9sidence+Beauregard/@46.179365,6.089151,17z/data=!3m1!4b1!4m2!3m1!1s0x0:0x165c16621e6a4868

 

ndlr : pour en savoir plus sur la résidence Beauregard, vous pouvez vous référer à la chronique suivante http://www.mythe-alzheimer.org/article-un-exemple-de-structure-d-hebergement-a-long-terme-pour-personnes-agees-ou-il-fait-bon-vivre-la-re-125106103.html

 

Mme Tiziana De Berti, dont l'exposé a été très suivi et apprécié.
Mme Tiziana De Berti, dont l'exposé a été très suivi et apprécié.

Mme Tiziana De Berti, dont l'exposé a été très suivi et apprécié.

Compte-rendu sommaire de l’atelier d’expression créative animé par Mme Anne-Claude Juillerat Van der Linden et M. Guillaume Lebecq, psychologues à VIVA.

Introduction

Mme Anne-Claude Juillerat Van der Linden, secondée par M. Guillaume Lebecq, tous deux psychologues (l’une spécialisée en neuropsychologie et l’autre en psychogérontologie), ont donc choisi d’appliquer à leur auditoire de ce matin la même méthodologie que celle qui préside à l’animation d’un atelier d’expression créative à Beauregard.

(Merci de se référer aux tableaux ci-dessous, pour une présentation d’ensemble). 

Déroulement

Le public des conférences de Cité générations est un public alerte, informé, réactif.

Donc, les participantes et les participants prirent rapidement la parole lorsque les animateurs la leur donnèrent, dès le début de la présentation de la méthode.

Nos difficultés se manifestèrent, lorsque l’auditoire dut se surpasser pour trouver davantage d’idées et de mots susceptibles d’entrer dans un récit, bref, élaborer, imaginer, toute une histoire, en rapport  avec l’illustration un peu « décalée » (en tout cas peu banale) remise à chacun (sur l’image, une mince jeune femme promène en laisse un grand chien (de type épagneul) qui flotte en l’air, suspendu par cinq ballons de couleurs, le tout sur une route déserte, dans un décor barré par une ligne d’horizon plantée de quelques arbres, à l’arrière-plan).

Mais, sous la conduite experte des conférenciers, l'auditoire a cependant vite réappris à imaginer, afin de « fabriquer » un récit inspiré de l'image proposée (voir le document remis).

Le rythme des réflexions et réactions de l’auditoire gagna rapidement en vitesse et en spontanéité.

Bref, chacun de nous redécouvrit, en lui, tout un gisement créatif insoupçonné.

Effets constatés sur le vif, en conclusion.

Oui, l’atelier d’expression créative, ça fonctionne, même si on le transporte en dehors de la Résidence Beauregard.

Participer à un atelier d’expression créative peut permettre à tout un chacun de reconquérir des habiletés et des compétences trop longtemps délaissées, sous le poids des habitudes prises, comme de se murer dans le silence, se retirer de la compagnie des autres, etc.

 

(- vifs applaudissements -).

 

Signé Z.

 

ndlr : pour en savoir plus sur cette méthode, vous pouvez vous référer à plusieurs chroniques du blog http://www.mythe-alzheimer.org :

http://www.mythe-alzheimer.org/article-le-programme-timeslips-une-nouvelle-etude-ayant-explore-les-effets-benefiques-de-l-expression-creative-61559093.html

http://www.mythe-alzheimer.org/article-timeslips-le-pouvoir-de-l-expression-creative-et-des-recits-50409522.html

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