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Activités de l'association Valoriser et Intégrer pour Vieillir Autrement

Nouvelle vague : on met nos masques... mais on a des tubas pour respirer!

Publié le 6 Décembre 2020 par Anne-Claude Juillerat Van der Linden

Cet article est la copie de l'article paru dans le journal Le Lancéen, 358, décembre 2020, page 8.

Ce deuxième semi-confinement vient clore une année éprouvante à plus d'un titre, et installe comme une norme la distanciation sociale, ainsi que la limitation des déplacements et des activités, qui sont autant d’entraves à notre liberté et de freins à nos relations sociales.

De plus, la grisaille de novembre et ses courtes journées ont remplacé l'étincelant printemps...

Alors oui, c'est éprouvant, parfois terriblement brutal, pour celles et ceux qui ne savent plus de quoi demain sera fait et se retrouvent dans une situation de grande précarité, pour celles et ceux qui sont seuls, ou confinés dans des institutions où leurs proches ne peuvent pas les entourer, pour celles et ceux qui sont partis et pour leurs proches qui ne peuvent même pas les célébrer…

La situation est violente, et elle est extrêmement stressante, car elle remplit tous les critères générateurs de stress : nous faisons face à une situation nouvelle, qui nous dépasse, qui est imprévisible, qui nous atteint dans nos valeurs et sur laquelle nous n’avons guère de prise.

Nous sommes là face à un défi collectif et individuel majeur. Alors, dans ces circonstances, de même que nous apprenons les gestes protecteurs contre le virus, il nous faut apprendre à développer des pensées et des expériences pour nous protéger psychologiquement.  

 

 

Des études réalisées lors d’expériences antérieures de confinement forcé ont mis en évidence un certain nombre d’éléments déterminants pour conserver au mieux son corps et son esprit.

  • En premier lieu, il faut se protéger d’une avalanche de nouvelles négatives. N’excédez pas une demi-heure de journaux télévisés ou radiophoniques par jour. Restez informés, oui, mais sans obnubilation. Les personnes qui arrivent à un bon équilibre sur ce plan augmentent leur résistance.
  • Ensuite, il est bénéfique de cultiver une « nostalgie heureuse », de se reconnecter avec des émotions heureuses anciennes pour surmonter les inquiétudes présentes : plongez-vous dans des musiques, des lectures, des films, des albums photos évoquant des souvenirs plaisants.
  • La contemplation esthétique est également un baume pour l’esprit. Le philosophe Schopenhauer la voyait comme un baume entre la douleur et l’ennui de l’existence. Redécouvrons les œuvres qui nous émeuvent, qui disent quelque chose de nous, qui sont chères à nos cœurs : musique, poésie, cinéma, lecture, magazines d’art, voire même des paysages. Le mode distancié de l’art nous écarte d’un quotidien pénible et nous apporte du plaisir. Il faut célébrer la joie, la beauté, l’art, la culture, maintenant et quand nous reconstruirons le monde d’après. Plongeons-nous donc dans une culture joyeuse, curieuse, gourmande et participative, à l’image de ce que nous proposent depuis des années nos merveilleuses galeries d’art communales avec leur démarche de vulgarisation et d’ouverture à toutes les générations (voir ici le site de notre si jolie galerie communale de la Ferme de la Chapelle : https://www.fermedelachapelle.ch/).
  • Et puis, il faut absolument nourrir les liens avec son entourage, sa famille, ses ami·es, ses voisin·es. Le lien social est un pourvoyeur de sens fondamental pour notre existence. Passez un coup de fil à une cousine, écrivez une carte à un ami, allez frapper à la porte de votre voisine pour prendre de ses nouvelles, sortez marcher avec deux vieux copains (à distance raisonnable)…  L’altruisme est un formidable outil énergisant, qui donne beaucoup de sens au quotidien !
  • Sachez saisir les bulles de bonheur qui passent à votre portée. Voyez, il reste des feuilles multicolores aux arbres et des étoiles dans le ciel, des sourires dont se réjouir... Faites-vous de petits plaisirs, offrez-vous des récompenses et appréciez-les. C’est aussi un moyen de garder le contrôle sur une partie de notre existence.

 

 

  • Enfin (ma liste n’est pas exhaustive), il est bénéfique d’apprendre à focaliser pleinement son attention sur l’activité dans laquelle on est engagé·e : apprécier la saveur d’un mets, la douceur d’un vêtement, la température de l’air, l’odeur à proximité d’un bosquet, la délicatesse de la lumière au-travers d’une feuille… Cette capacité de focalisation qui peut se cultiver par diverses pratiques (pleine conscience [« mindfulness »], qi gong, tai chi, yoga, Feldenkreis…) est associée à un meilleur contrôle des émotions, et donc à une réduction du stress et de l’anxiété.

Sachant que l’activité physique est aussi un régulateur de stress important, nous avons fait le choix à VIVA – et y avons été encouragé.es par le Service de promotion de la santé du canton de Genève - de maintenir et même de renforcer les cours de qi gong et de tai chi, mais aussi de proposer de nombreuses balades accompagnées en petits groupes de 5 personnes, dont certaines sont dédiées à la découverte des arbres, des oiseaux, mais aussi à la découverte de la marche en pleine conscience en plein air, avec une psychologue entraînée à cette technique. Ces activités sont gratuites, mais exclusivement sur inscription préalable.

Je terminerai cette chronique par ces mots magnifiques de l’artiste et théologienne Francine Carrillo, qui a illustré un sentier contemplatif à La Sage (VS), en guise de viatique pour les mois à venir :

 

On peut marcher

longtemps

dans l’incertain

à condition

d’ouvrir les mains

et de laisser tomber

l’appréhension

du lendemain

 

Prenez bien soin de vous et de toutes les personnes qui vous sont chères, et que la raréfaction forcée de certains contacts soit compensée par l’intensité des rencontres…

Vous toutes et vous qui avez mené jusqu’ici une vie bien courageuse, ne vous laissez pas abattre. L’association VIVA reste avec vous et vous propose, outre ses activités maintenues dans le respect des règles actuelles, une permanence téléphonique les lundi, mercredi et vendredi après-midi au 022 792 51 43, numéro auquel vous pouvez aussi vous renseigner sur nos activités, ou vous y inscrire.

 

 

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